| Valérie
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Mars 2004 |
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Salut Nadège, J’ai découvert ce site il y a peu de temps, et le fait de lire les histoires de toutes les personnes qui ont subi les mêmes choses que moi, y compris la tienne, me montre que je ne suis pas seule et cela m’a donné l’envie de raconter moi aussi cette douleur que je garde au fond de moi. Ca fait réfléchir et je vois que certaines personnes ont une histoire bien pire que la mienne.
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Mars 2004 |
Bonsoir
Valérie,
Je te répond bien tard à ton mail mais bon dès fois le temps manque ou tous simplement le moral. As tu porté plainte ? Serais tu d'accord pour que je mettes ton mail sur mon site à la page des témoignages ? Bon courage et à bientôt, |
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Avril 2004 |
| Salut Nadège
Pour répondre à ta question, oui je vais porter plainte, mon avocate est en train de rédiger la plainte. Je pense moi aussi que ça va me soulager, c'est pour ça que je le fait. C'est un peu grâce à toi. Ton site m'a donné beaucoup de courage. Je serais contente si tu mettais ma lettre sur ton site, ça me fait plaisir que tu me le demandes, si cela peut donner du courage à certains comme cela m'en a donné à moi j'en serais heureuse. Je te remercie pour l'aide que tu m'a apportée. Bisous |
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Avril 2004 |
Bonjour
Valérie,
Si je peux encore t'aider je serai contente de le
faire... Bon courage et et bientôt. Bisous, Nadège |
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Septembre 2004 |
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Si des professionnels lisent ces lignes, leur commentaire est le bienvenu. Souvent des proches de victimes nous demandent comment ils peuvent les aider, la première chose est de les écouter avec une oreille attentive, sans trop les interrompre et surtout sans juger de façon évidente ni la victime, ni l'abuseur. D'abord laisser parler, l'analyse se fera après coup, seulement quand la victime aura vidé son sac et qu'elle même aura commencé personnellement son analyse des faits tout en reprenant des forces. La majorité des victimes souffrent d'une perte d'estime d'elle même et craignent la réaction de rejet ou de dégoût des personnes qui pourrait être au courant de leur abus. Cette réaction de rejet est pourtant à notre connaissance aussi rarissime qu'elle serait injustifiée. Notre expérience montre et c'est ce qui a conduit Nadège a renommer son site, "Le poids du silence", que parler de cet abus à des personnes en qui ont place un peu de confiance est la première source de réconfort. Faute de quoi, et c'est ce que permet Internet entre autre, un premier pas constitué par un témoignage anonyme, à une personne dont on connaît l'histoire sans la connaître personnellement, ni affronter la présence ou le regard et dont on suppose la bienveillance a déjà très souvent permis ce premier pas libérateur.
Chacun a sa sexualité propre, Nadège à ma connaissance ne connaît pas ce dégoût de son corps et des relations sexuelles (je suis son mari) et nous aimerions beaucoup vos réactions sur le sujet qui permettrais de découvrir des pistes, des moyens de guérir cette perte de désir, de plaisir ou d'attrait pour l'amour physique. Mon conseil, déjà donné il y a quelques temps à une autre femme, était de redécouvrir l'approche physique câline. Il est impératif de pratiquer tous ces jeux en ayant plus ou moins bien prévenu son partenaire de sa souffrance et obtenu son acceptation de stopper immédiatement soit complètement le jeu amoureux, soit toute action gênante, traumatisante ou même simplement désagréable. Apprendre à se déshabiller petit à petit de façon confiante pour
quelqu'un, au coin du feu devant la cheminée, au sauna, en été dans un
endroit ensoleillé, calme et isolé... bref dans un endroit ou personne ne vous
dérangera ( absence de tout stress externe) et ne pas hésiter à interrompre
immédiatement si c'est trop désagréable. D'un autre coté, apprenez à
ressentir le moindre moment agréable et savourez le au lieu de craindre
l'échec. C'est en ayant une pensée volontairement positive que vous obtiendrez des
satisfactions. Initiez vous aux massages, doux et progressifs, il sont gage de confiance dans votre partenaire et en vous même, apprenez à toucher avec plaisir le corps de l'autre. A accepter que l'autre vous touche, simplement de façon thérapeutique ou juste érotique sans forcément qu'un acte sexuel ne suive. Si le moindre "flash" venait, si l'espace d'un instant le visage de votre agresseur se plaquait su celui de votre compagnon, que vous décidiez de stopper le jeu, ou de vous forcer un peu à le continuer, que se soit pour faire plaisir à votre partenaire ou parce que vous croyez que cette gêne peut passer, ne dépassez pas vos limites, ne cachez pas votre gêne à votre partenaire, vous êtes là pour vous amuser et reprendre confiance. Vous êtes une personne aimée ou appréciée. Vous n'êtes pas avec votre agresseur mais avec quelqu'un que vous même appréciez. Prenez conscience de la différence entre une relation voulue et une relation imposée. Prenez des marques et assimilez les.
Certaines victimes de leur plein gré, apprécient que leur amant leur impose des actes sexuels. Il semblerait que se soit un moyen volontaire de dépasser la souffrance en étant cette fois consentante à de petites violences, en étant le décideur. Je n'ai pas d'avis tranché sur la question sur les éventuels bienfaits de cette approche et encore moins sur la moralité ou la normalité de ce type de relation. Pour nous toute relation entre adultes consentants est bonne pourvu qu'elle ne nuise à personne. Encore une fois, si des professionnels lisent ces lignes, leur commentaire est le bienvenu. Vos témoignages nous éclairerons peut être également. Il faut voir les motivations. Est ce vraiment un moyen de reprendre le contrôle, ou est ce une punition pour une faute que vous croyez avoir commise ? Est ce une étape ? Est ce que ça vous fait plus de bien que de mal ? Est ce une petite fessée amoureuse ou de réels sévices ? Même si la douleur physique est dérisoire face à la douleur psychologique, Nous manquons totalement d'informations sur ce sujet et ne pouvons ni ne voulons donc ni juger ni conseiller.
Pour finir, je ne peut m'empêcher de vous dire, que si vous décevez votre partenaire, ce n'est pas vraiment du à votre agression, c'est le résultat de la vie quotidienne, chacun à ses problèmes, tout le monde à vécu des agressions, quelles soient sexuelles ou pas, au travail, avec ses amis ou sa famille, les conflits sont inévitables et votre partenaire n'est pas forcément mieux loti que vous. Mais chacun fait le maximum pour prendre sur lui et construire son couple, pour résoudre ses problèmes avec ses amis et sa famille. Accordez vous des moments ou vous vous occupez de vos problèmes, accordez vous des moments ou vous vous occupez des problèmes de votre entourage et accordez vous des moments de détente. N'oubliez pas votre problème, apprivoisez le, mais voyez aussi ceux de votre conjoint, parlez vous calmement et sereinement, écoutez le, ou demandez lui son avis s'il ne le fait pas assez. En cas de problème, une approche différente de la discussion peut être celle-ci : A écoute B sans l'interrompre jusqu'à ce B dise avoir fini B écoute A sans l'interrompre jusqu'à ce A dise avoir fini A dit à B ce qu'il pense de ce que B lui à dit au début sans être interrompu,
B peut prendre des notes A et B peuvent commencer à discuter, tout en ne perdant pas de vue qu'il est plus important d'écouter que de répondre à la volée, Si vous n'écoutez pas votre partenaire, lui non plus et chacun parles dans le vide. Agir ou Réagir ?
PS: Ce n'est pas par lâcheté ou volonté de cacher mon identité, que j'alterne le "Je" et le "Nous", mais au contraire plutôt pour démarquer mon opinion personnelle de celle que je partage avec Nadège. Bon courages à tous et à toutes. Renard |
| Valérie
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