Bonjour,
Voilà quelques lignes qui j'espère pourront vous être utile, à vous et aux
lecteurs de votre site.
Je ne souhaite pas que mon nom ni mon prénom apparaissent.
| Anonyme.R |
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Aout 2004 |
| Quelques mots pour témoigner en tant
que frère d'une victime d'une tentative de viol. La tentative de viol
est certainement bien en de ça du viol mais déjà une expérience
effrayante et traumatisante. Exprimer également qu'il est important à
un moment donné de pouvoir mettre des mots sur ces expériences et de
les sortir.
Puis témoigner dans un second temps du viol des hommes qui est peu abordé mais existe aussi dans la même dimension douloureuse. A l'âge de 11 ans, mon frère a été victime d'une tentative de viol. J'en avais 9 et je ne l'ai appris que huit années plus tard, au cours d'une dispute. Il a fallu encore huit ans pour que je parvienne à en parler : mon frère m'avait demandé de garder le secret et j'ai respecté son vœu. Un temps seulement car au fur et à mesure cela est devenu de plus en plus dur. Puis un jour j'en ai parlé. Comme ça. J'avais une personne de confiance en face de moi et je me suis ouvert. C'est sorti tout seul. Ca m'a fait un bien fou. Une forme de libération. J'ai eu l'occasion par la suite d'en parler à quelques autres personnes : des proches et des moins proches… cela m'a fait vraiment du bien de m'ouvrir. Mais les retours m'ont surpris : chaque personne avec qui j'ai parlé m'a à son tour confié qu'elle ou une personne de son cercle proche avait été victime de viol. Cela a été l'occasion de partager ensemble nos émotions, nos ressentiments, nos expériences. De s'apercevoir qu'on n'est pas aussi seul et isolé qu'on veut le croire. Le viol est un phénomène fréquent. Fréquent et tu. Et pourtant parler soulage. Il est important de pouvoir sortir tout ce que l'on a en soi et de trouver un interlocuteur qui correspond : quelqu'un de proche, quelqu'un qu'on ne connaît pas, un spécialiste, une association, un médecin, … l'important est de parler. Il y a peu de temps, lors d'une soirée, un garçon est parti tard dans la nuit puis revenu : son pantalon était en lambeaux, il pleurait. Il avait été victime d'un viol collectif. Le viol d'hommes existe également. Il est sans doute moins répandu que celui des femmes et tout aussi, voir plus, passé sous silence. Lors de sa déposition au commissariat le jeune homme a évoqué les violences subies mais pas les violences sexuelles. Il existe peu de travaux sur le viol des hommes mais il est important de mentionner que ça existe. Les hommes qui en sont victimes, comme les femmes, hésitent à déposer plainte, à en parler, se sentent coupable alors qu'ils sont les victimes. Le sentiment de culpabilité doit être évacué. J'en reviens à l'idée qu'il faut arriver à un moment à sortir tout cela. Certaines personnes n'y parviennent pas : elles peuvent exprimer également ce qu'elles ont en elles par un travail créatif qui leur servira d'exutoire, d'expurger tout ce qu'elles ressentent. Cela est vraiment utile. Il ne faut pas rester seul avec ce secret, en aucun cas. Parler, s'exprimer est notre pouvoir : et celui-là, on ne nous le prendra pas.
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Septembre 2004 |
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Renard |
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